Premiers soins. Se former pour sauver des vies.

Une personne témoin d’un accident (arrêt cardiaque, hémorragie, brûlure, étouffement), est la première à déclencher l’alerte et prodiguer sur place les premiers soins, en attendant les secours. Son rôle est donc capital. Les chiffres démontrent l’importance de se former et l’exemple de l’arrêt cardiaque est frappant : 7 fois sur 10, ces accidents surviennent devant un témoin alors que 20% d’entre eux sont formés aux gestes de premiers secours. Seulement 5,7% des personnes victimes d’un arrêt cardiaque sont sauvées. Dans les pays équipés en défibrillateur, ce taux quadruple. Enfin, 4 victimes sur 5 qui survivent à un arrêt cardiaque ont bénéficié de ces gestes simples*.

*Source : Fédération Française de Cardiologie

Le diplôme de formation.

Jean-Baptiste Cuniot, Président de l’unité locale Neuilly/Levallois de La Croix-Rouge.

Plusieurs associations organisent une formation aux Premiers secours civiques de niveau 1 (PSC1) pour les particuliers, équivalente au Brevet Européen des Premiers Secours (BEPS). La référence en matière de secourisme.

NJI : Que propose la Croix-Rouge comme formation aux gestes de premiers secours ?

J.B.C. Pour les particuliers, plusieurs formations existent : premiers secours enfant et nourrisson, “Bien-être et Autonomie” pour les personnes âgées ou encore la prévention des accidents de la vie courante. La Croix-Rouge propose une formation de Prévention et Secours Civiques de niveau 1 (PSC 1) incluant l’initiation à la réduction des risques. Cette formation est diplômante et payante. À Neuilly il faut compter 50 euros. Elle est accessible à tous les citoyens à partir de 10 ans. La Croix-Rouge est le deuxième organisme de formation au secourisme en France en termes de volume avec 900 000 personnes formées au total dont 145 000 pour le PSC1.

NJI : Comment se déroule-t-elle ?

J.B.C. La formation dure 8 heures et se déroule généralement sur une journée. 7 heures sont consacrées au PSC1 avec plusieurs modules et 1h d’initiation à la réduction des risques. Pour chaque phase, il y a un apport de connaissance et une démonstration faite par le moniteur puis des ateliers d’apprentissage par binôme ou trinôme (groupe de dix). C’est une alternance entre la théorie et la pratique avec des cas concrets, des mises en situation de victimes alimentées d’un scénario. Plusieurs cas sont évoqués : la protection, l’alerte, l’étouffement, l’hémorragie, le malaise, l’arrêt cardiaque et les différents traumatismes (plaie, brûlure, atteinte des os et des articulations…).

NJI : La population neuilléenne est-elle sensible aux gestes de premiers secours ?

J.B.C. D’une manière générale, la majorité de la population n’est pas réellement sensible au besoin de se former. Il est important de former le plus grand nombre de citoyens au secourisme mais également aux bons réflexes à avoir en cas de catastrophes (naturelles, technologiques…). Nous avons remarqué une hausse du nombre de demandes depuis les attentats sur le plan national, plus légèrement à Neuilly. Ces tristes évènements ont secoué notre pays et réveillé les consciences mais pour combien de temps ?

Croix-Rouge à Neuilly

Inscription par téléphone au 01 46 24 09 86 ou sur Internet www.croix-rouge.fr auprès de l’unité locale la plus proche de chez vous.

Les gestes de base.

Rencontre avec le Lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole des Sapeurs-Pompiers de Paris.

Suite aux attentats qui ont frappé la France le 13 novembre 2015, la population a rapidement exprimé son besoin de se former aux gestes de premiers secours. Génération particulièrement touchée, les trentenaires ont notamment pris conscience de leur ignorance face à une situation d’urgence.

Les Sapeurs-Pompiers de Paris ont, dès le mois de janvier, mis en place dans douze casernes de l’Ile-de-France, des cours gratuits de deux heures, le samedi après-midi, destinés à expliquer concrètement les gestes à adopter en cas d’hémorragie et la pratique du massage cardiaque. Les secours aux personnes représentent 80% des sorties au quotidien pour les Sapeurs-Pompiers de Paris, soit 6 000 à 7 000 appels par jour.

NJI : À qui sont destinées ces cessions ?

G.P. À toute personne désirant connaître les gestes de base en cas de détresse. Notre formation est courte (2h) car elle va à l’essentiel. Notre but est de sensibiliser aux gestes salvateurs principaux et de donner envie à celui qui se présente, d’aller se former aux gestes de premiers secours auprès des associations agréées de sécurité civile qui le proposent. C’est une première prise de contact.

NJI : Comment se déroulent-elles ?

G.P. Nous abordons dans un premier temps les situations exceptionnelles, type attentat ou fusillade, en montrant le comportement à adopter. Il faut d’abord appeler les pompiers (18), donner les informations importantes (adresse, environnement, nombre de victimes, type de blessures…), puis nous apprenons aux personnes par des ateliers pratiques en binôme, le dégagement d’urgence qui consiste à mettre la victime en sécurité dans la bonne position. Ensuite, nous expliquons les gestes d’urgence, utiles jusqu’à ce que les secours arrivent. Cela concerne l’arrêt de l’hémorragie par la constitution d’un garrot à l’aide d’une ceinture, cravate, t-shirt ou autres tissus.

Outre les situations exceptionnelles, nous avons souhaité insister sur la technique du massage cardiaque qui fait cruellement défaut aujourd’hui. À l’aide d’un mannequin, elles suivent nos recommandations : placer le poing de la main contre l’autre poing au milieu du sternum car c’est là où la cage thoracique est la plus souple. Réaliser le massage à un rythme qui correspond à 100 pressions par minute jusqu’à l’arrivée des pompiers. Pour suivre la cadence, nous suggérons de mémoriser le rythme de la musique “Staying alive”. Enfin, nous expliquons également comment se servir d’un défibrillateur.

NJI : Quels conseils donneriez-vous à une personne confrontée à une situation d’urgence ?

G.P. En premier lieu d’appeler les secours. Sachez que tous ces gestes sont importants et que même s’ils sont mal réalisés, il vaut mieux les faire que pas du tout. Nous intervenons également dans toutes les mairies d’arrondissements de la Capitale lors des “samedis qui sauvent”. Une journée porte ouverte gratuite pour sensibiliser le public. La prochaine session se déroulera le 28 janvier.

Les bons réflexes.

Interview du docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste, auteur du livre “Ayez les bons réflexes”, paru aux éditions Fayard en novembre 2016.

NJI : Pour quelles raisons avez-vous écrit ce livre ?

G.K. En France, nous ne sommes pas dans une culture du risque, seulement 1 personne sur 5 connaît les gestes de premiers secours. Il ne s’agit pas de cultiver la peur mais de se préparer et de limiter les conséquences. J’ai eu l’idée d’écrire ce livre après le 13 novembre et les inondations qui ont frappé le pays. En tant que professionnel des urgences, nous constatons au quotidien l’échec de la prévention qui devrait pourtant être beaucoup plus valorisée.

NJI : Quels réflexes doit-on adopter ?

G.K. Ce livre est un guide en fonction de plusieurs situations, classé par thèmes et enrichi de fiches réflexes. Concernant les attentats, trois réflexes sont à retenir : se protéger en se cachant ou se mettant à terre, donner l’alerte en composant le numéro des secours et secourir pour arrêter l’hémorragie en comprimant la blessure manuellement avec un linge ou éventuellement poser un garrot. J’explique également comment préparer sa maison en cas de catastrophe naturelle et confectionner un kit de survie permettant de tenir 72h. Le lecteur dispose aussi de conseils lorsque l’on est frappé par la foudre, comme ceux de s’éloigner, se mettre à plat ventre et ne pas se positionner sous un arbre. Concernant les gestes qui sauvent, plusieurs techniques en cas d’arrêt cardiaque, d’étouffement ou de brûlures sont précisées. Reconnaître les signes et adopter le bon comportement peuvent sauver des vies.