Grippe. Comment se protéger ?

Alors que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a été lancée le 6 octobre dernier, moins d’1 personne sur 2 s’est fait vacciner l’hiver dernier. Un enjeu majeur au regard du nombre de personnes à risque en France qui s’élève à 12 millions. L’épidémie de l’an dernier a rappelé la gravité de la maladie qui a causé 14 400 décès en France, selon une estimation de Santé Publique France.

Rencontre. Vincent Enouf. Responsable adjoint du Centre National de Référence de la Grippe à l’Institut Pasteur.

 Quels sont les différents types de virus de la grippe ?

Il existe trois types de grippe saisonnière : A, B et C. Les virus de type A se subdivisent en deux sous-types H3N2 et H1N1, au même titre que les virus de type B, appelés Yamagata et Victoria. La particularité de ces virus résident dans leur constante mutation. C’est pourquoi chaque année, la composition vaccinale évolue.

En quoi consiste votre travail ?

Tous les ans, deux réunions permettent à l’OMS de collecter les données d’évolution des virus de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud. En France, la surveillance s’effectue d’octobre à avril. À l’aide de prélèvements, nous analysons les virus responsables. Nous travaillons avec Santé Publique France, le réseau Sentinelles et le réseau Rénal pour collecter les informations et ainsi surveiller le début de l’épidémie.

 Quels sont les enjeux ?

Ils consistent bien sûr à protéger au maximum la population grâce à l’observation de la mutation des virus. Avec des délais de production du vaccin de 4 à 5 mois, la composition vaccinale est toujours un pari. Cependant même si le virus évolue, le vaccin permet de protéger en partie et ainsi de limiter le nombre de malades. L’avenir de notre travail réside de plus en plus dans le calcul de modèles mathématiques, en observant les données rétrospectives pour ainsi mieux se préparer aux cas graves.

Interview. Eric Malarmey. Médecin généraliste.

 Quels sont les symptômes de la grippe ?

Ils sont multiples : une fièvre élevée (39°) dite en V grippal c’est à dire qui monte et qui descend, des maux de tête, des courbatures, des douleurs articulaires et des frissons. Ces symptômes persistent entre 5 jours et une semaine. La grippe étant une maladie virale qui se transmet par la toux, elle est fortement contagieuse et touche toute la population. Les plus fragiles sont les seniors et les personnes ayant un système immunitaire faible dû à une maladie telle que le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les fragilités respiratoires, les cancers…

Quel est le traitement ?

Lorsqu’un patient présente un symptôme grippal, nous prescrivons du paracétamol ou de l’aspirine pour faire baisser la fièvre. Il n’y a pas d’autres traitements. Cependant, il existe chaque année un vaccin pour se protéger, pris en charge par la Sécurité Sociale pour les + de 65 ans et les affections de longue durée, jusqu’à mi-décembre. Nous conseillons de se faire vacciner en octobre et novembre car il faut compter 15 jours pour qu’il soit efficace.

Avez-vous remarqué une méfiance des patients par rapport au vaccin ?

Oui, bien sûr. Cette méfiance est apparue au moment de l’épisode de la grippe aviaire ainsi que pour la vaccination contre l’hépatite B. Les campagnes de vaccination à l’époque ont détruit l’image du vaccin et entretenu la psychose. Il faut savoir qu’il est beaucoup moins dangereux de se faire vacciner que d’attraper la grippe. Car le risque majeur est la surinfection. Dans n’importe quel traitement, il faut peser le rapport bénéfices/risques.

Rencontre. Seforah Benhamou. Naturophate, énergéticienne, praticien en shiatsu.

Quel est votre rôle ?

Il est dans l’accompagnement à la prévention santé par des moyens naturels. Trois axes sont pris en compte : l’alimentation, la gestion du stress et l’exercice physique. Je ne soigne pas des maladies car je ne remplace par les médecins mais je donne des conseils pour récupérer de la vitalité et ainsi gagner en confort pendant le traitement.

Quels sont vos conseils en cas de grippe ?

Il faut surveiller l’alimentation et vérifier si elle est suffisamment riche en vitamines, enzymes et bonnes bactéries. Ainsi, plusieurs aliments sont à privilégier : les crudités bio telles que radis noir, carottes, betteraves, les brocolis en jus ou à la vapeur lente, les poissons gras (saumon, sardine, maquereaux), le tartare de bœuf, les bananes ou les amandes fraîches. Je propose également de l’eau de Quinton pour revitaliser le corps, la Propolis (antibiotique naturel fabriqué par les abeilles), des ampoules de zinc/cuivre pour booster son système immunitaire et enfin des huiles essentielles.

Quels sont les bons gestes dès le début de l’hiver ?

La grande majorité des bactéries qui participent au système immunitaire se trouvent dans l’intestin, il faut donc le nettoyer, dès le mois de novembre. Je recommande des probiotiques en pharmacie afin de protéger la flore intestinale. On peut également préparer des jus frais maison, véritable cocktail vitaminé, à déguster en petite quantité. Parmi les nombreuses recettes : pousses d’épinards, carottes, jus de citron et poires.