L’arche de Noé de Chantal de Crissey.

À poils, à plumes ou à écailles, l’artiste neuilléenne Chantal de Crissey aime croquer toutes sortes d’animaux pour en dévoiler l’extraordinaire palette de couleurs et de formes.

Comment est né votre goût pour le dessin ?

J’ai grandi dans une famille de peintres amateurs. J’avais même un ancêtre qui avait été repéré par Ingres et qui, par la suite, est devenu un familier de son atelier. Toute petite, on m’a donné des crayons et du papier. Je n’ai pas appris à dessiner, ni à peindre. Je vivais dans le Morvan entourée d’animaux domestiques et d’animaux dans la nature et j’ai donc dessiné ce que je voyais. Par amour des chevaux, je suis devenue cavalière professionnelle. Indépendamment de monter à cheval et d’apprendre aux autres à monter, je connaissais tout de cet animal, le squelette, les muscles, le système nerveux. Et le cheval est l’animal le plus difficile à dessiner.

Totalement autodidacte, vous êtes devenue une spécialiste de la peinture animalière et des sports équestres…

Je suis une artiste professionnelle. Et j’ai même été sollicitée par Hermès lors d’une présentation de mes œuvres dans une galerie. Mon coup de patte correspondait à la griffe de la maison. J’ai dessiné des foulards et des cravates. C’était un bonheur de travailler pour cette planète où tout était possible. Je collabore encore de temps en temps avec la célèbre maison. Cependant, une autre direction a été prise et une nouvelle façon de présenter les couleurs et les formes. Par ailleurs, j’ai réalisé de nombreuses affiches de prestige pour les haras nationaux et les sauts d’obstacles.

Vous êtes personnellement attiré par les dalmatiens. Pourquoi avez-vous choisi cette race ?

Le dalmatien correspond à la vie que je mène. Il aime les chevaux et est très sportif. Je prends mes chiens à la SPA. Je choisis les cas les plus lourds, ceux dont personne ne veut. Avec l’aide de professionnels, j’arrive à donner des années de bonheur à un animal qui a connu des années de malheur.

De quelle manière travaillez-vous ?

Lors d’un séjour à New York, j’ai trouvé des pastels cireux. J’ai eu un coup de cœur pour une boîte de 90 teintes, sans mode d’emploi. Quand je suis rentrée en France, je me suis demandé comment cela marchait et j’ai inventé une « petite cuisine ». Les gens sont étonnés de voir ce que je peux faire avec ces bouts de couleur. J’en ai toujours en poche quand je me promène dans la nature. Rentrée à l’atelier, je travaille d’après mes croquis pastels sur le vif. J’utilise aussi pour mon travail le fusain, les crayons, les mines de plomb, l’encre de Chine et l’encre sépia.

Vous avez mis au point une méthode de dessin qui a été publiée aux éditions de La Martinière…

Cette méthode pour tous est imparable. Elle permet en 7 étapes de pouvoir réaliser 10 tableaux d’animaux que j’ai sélectionnés. Chacun a le choix des matériaux, les pinceaux, les pastels, les crayons de couleur ou même le feutre.

Comment définissez-vous votre métier ?

Il représente toute une vie. C’est un métier d’artisanat où je suis toujours à la tâche. Avec joie et enthousiasme, surtout quand j’ai des commandes. Cela fait galoper l’imagination.

 

Atelier Chantal de Crissey

59, boulevard du Général Koenig

01 47 47 03 49

www.chantaldecrissey.com