Monseigneur Matthieu Rougé. Nouvel évêque de Nanterre.

Nommé par le pape François le 5 juin dernier, Monseigneur Matthieu Rougé a été officiellement ordonné évêque le 16 septembre, en la cathédrale Sainte-Geneviève de Nanterre par Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris et ancien évêque de Nanterre, en présence de nombreux évêques et prêtres ainsi que d’élus dont le maire de Neuilly Jean-Christophe Fromantin et d’une foule de fidèles.

Quel est votre parcours ?

Je suis né à Neuilly puis j’ai grandi à Paris et aux Etats-Unis. Mais je suis revenu à Neuilly lorsque nous habitions à l’étranger puisque nous logions pour les vacances en France, rue Deleau chez des cousins. Je suis entré à la Maison Saint-Augustin (année de discernement et de formation spirituelle du diocèse de Paris) en 1985, après deux années de classes préparatoires littéraires. J’ai suivi des études de philosophie en Belgique puis j’ai fait mon service militaire avant de rejoindre Rome pour étudier la théologie. J’ai alors commencé ma mission en partageant mon temps entre un ministère d’enseignement auprès des séminaristes et du grand public, et un ministère de terrain à Saint-Séverin en plein cœur de Paris puis à Sainte-Clothilde (7èmearrondissement) et enfin à Saint-Ferdinand des Ternes (17èmearrondissement).

Vous attendiez-vous à cette nomination ?

Absolument pas. Pour un prêtre, l’objectif n’est pas de devenir évêque mais d’essayer d’être un bon prêtre. Un jour, on est appelé par l’ambassadeur du Pape en France qui nous informe que le Pape nous a nommé évêque. Parfois, des rumeurs fusent mais en ce qui me concerne ce n’était pas le cas. Quand j’ai été convoqué, j’ai d’emblée exclu la possibilité d’être nommé à Nanterre parce que c’est un grand diocèse – les Hauts-de-Seine représentant le 5èmedépartement français – et que mes 3 prédécesseurs étaient déjà évêque en arrivant. Cela dit, je connaissais les Hauts-de-Seine, ma paroisse jouxtait le département.

Quels sont vos objectifs ?

J’ai souhaité dès mon arrivée en juin, rencontrer les prêtres, les diacres et les laïcs du diocèse. Ils ont été nombreux à assister à mon ordination épiscopale le 16 septembre et je vais avoir de nombreuses autres occasions durant l’année pour dialoguer avec eux. Je vais aller tous les week-ends dans 1 ou 2 paroisses pour rencontrer la communauté sur le terrain. Je souhaite aussi dialoguer avec les responsables de la cité (élus, parlementaires, conseil départemental), les nombreux acteurs économiques, le monde de l’université (à Nanterre, Sceaux ou Malakoff), les écoles implantées à La Défense, le monde administratif… Cela ne va pas se faire en un jour car le département est très dynamique. Mais c’est important pour un évêque d’aller à la rencontre des forces vives. Enfin, je souhaite nouer des liens avec les autres religions, les communautés juives et musulmanes.

Comment avez-vous été appelé ?

J’ai eu la chance de grandir dans une famille chrétienne engagée avec des parents qui vivaient une grande cohérence entre leur foi, leur vie de couple et l’engagement dans la cité. La foi a toujours été un principe dynamique et d’ouverture. Dans ce contexte, au moment de ma première communion, s’est précisé dans mon cœur le fait que j’étais appelé à devenir prêtre. L’idée a coexisté avec d’autres désirs professionnels comme l’enseignement, la politique ou le journalisme, mais cet appel ne m’a jamais quitté.

Outre votre lieu de naissance, quel lien tissez-vous avec Neuilly ?

Beaucoup de mes paroissiens de Saint-Ferdinand étaient scolarisés à Neuilly que ce soit à Saint-Dominique, Sainte-Marie ou Sainte-Croix. J’ai également effectué des retraites et rencontres avec les sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve. Et Neuilly est la ville où j’ai célébré un de mes premiers baptêmes lorsque j’étais diacre à l’église Saint-Jean-Baptiste.

Quelle est votre ligne directrice ?

Je n’ai pas de programme ficelé, je souhaite être à la fois à l’écoute et capable d’encourager les forces vives du diocèse à aller de l’avant. J’ai des points qui me tiennent à cœur : l’attention à toutes les formes de pauvreté (matérielle, spirituelle), que notre église soit force de proposition et créative pour aller à la rencontre de ceux qui ne connaissent pas l’Evangile et enfin que nous ayons une sorte de culture de la vocation.