Interview. Christine Chansiaux-Bucalo.

Près de 160 soignants ont suivi une formation inédite au Centre Hospitalier Rives de Seine en revêtant une combinaison de vieillissement spectaculaire. L’objectif : se mettre dans la peau du patient pour mieux comprendre ses besoins. Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans en France représente près de 20% de la population au 1er janvier 2018. Des chiffres en constante augmentation (15,5% il y a 20 ans) qui ont pour conséquence un accroissement du nombre de personnes âgées en milieu hospitalier. Au quotidien, le personnel médical doit donc s’adapter aux difficultés que rencontrent les seniors : baisse de la vue, de l’audition mais aussi mobilité réduite et troubles cognitifs.

Chef de service et de pôle du département de médecine gériatrique et de soins palliatifs au CH Rives de Seine.

Quelles sont les différentes pathologies liées aux personnes âgées ?

Les personnes de plus de 75 ans peuvent subir des fragilités au niveau de la vision, à l’exemple des maladies dégénératives comme la cataracte, la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age), le glaucome ou encore liéés à des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension qui peuvent altérer la vue. Les seniors souffrent de troubles de l’audition et de maladies qui diminuent la mobilité articulaire comme l’arthrose. Pour ces dernières, il est fortement conseillé de pratiquer une activité physique comme la marche active, le vélo ou encore l’aquagym car l’arthrose entraîne une baisse de mobilité qui diminue la force musculaire, et ainsi augmente les troubles de l’équilibre et le risque de chute. Les personnes âgées sont exposées à des troubles cognitifs qui se manifestent par un ralentissement des capacités d’apprentissage. Certaines (10 à 20%) peuvent être atteintes de démence ce qui provoque une perte de mémoire ainsi que des atteintes d’autres fonctions cérébrales : phasie (langage), praxie (mouvement), agnosie (reconnaissance des choses) et fonctions exécutives (planification). Enfin, la dépression fait également partie des difficultés rencontrées par les anciens.

 À quoi servent ces formations de mise en situation ?

Elles permettent pour les soignants, de prendre conscience des obstacles et désagréments que vivent quotidiennement les patients. Mais il faut bien comprendre que même si cette expérience reflète la réalité, elle ne rend pas compte de la douleur et des troubles cognitifs. De plus, le personnel médical réalise ces exercices avec leurs muscles qui sont pour la plupart, jeunes. Mais une telle expérience a pour conséquence directe de provoquer de l’empathie et de changer les comportements. Lors du bilan, certains ont expliqué qu’ils allaient davantage expliquer aux patients leurs actions pour les rassurer. C’est la première fois que nous organisons ces formations ludiques au CH Rives de Seine et espérons renouveler l’opération à l’automne.