Interview exclusive de Jean-Christophe Fromantin.

En juin prochain la loi sur le non cumul des mandats s’appliquera, vous êtes Maire de Neuilly-sur-Seine et Député des Hauts-de-Seine, quelle sera votre décision ?

 Je vous confirme que je conserverai le mandat de maire de Neuilly-sur-Seine que les électeurs m’ont confié en 2014 et ne solliciterai pas un autre mandat de Député. C’est une décision que j’ai prise sans hésiter car mon élection à la mairie de Neuilly en 2008 est le socle de confiance qui donne tout son sens à mon engagement politique. Les nombreux projets en cours dans la ville m’incitent à mettre toute mon énergie au service de Neuilly et de ses habitants. C’est une décision également difficile car je me suis beaucoup engagé dans mon mandat parlementaire. Je le regrette enfin car l’administration locale et l’activité parlementaire s’enrichissent mutuellement et utilement et, de ce point de vue, je reste convaincu que cette loi va priver l’Assemblée du pragmatisme des élus locaux.

Un classement récent sur l’influence des Députés vous a positionné 44ème sur 577. Comment expliquez-vous ce classement ?

Ce classement qui me place parmi les cinquante Députés les plus influents de cette mandature est une belle reconnaissance. Mon activité aura été marquée par le vote de plusieurs amendements facilitant le financement des entreprises. J’ai également travaillé sur la réforme du permis de conduire, sur les politiques territoriales et sur une série de textes et de dispositions pour renforcer les dispositifs d’aides et de garanties à l’exportation. Un des moments forts aura été la Présidence de la mission parlementaire qui a conduit à la candidature officielle de la France à l’Exposition universelle de 2025. Enfin je suis beaucoup intervenu sur tous les sujets qui interpellaient profondément mes valeurs et mes convictions comme sur de nombreux sujets d’actualité à l’occasion des questions au Gouvernement.

Ce choix de privilégier le mandat de maire à celui de Député, n’est-il pas contradictoire avec votre initiative 577 Pour la France qui consiste à présenter des candidats nouveaux aux législatives à travers la France ?

Au contraire, l’initiative 577 Pour la France qui va permettre à de très nombreux acteurs de la société civile de participer au débat public en appelant au renouvellement des élus. Je suis très sensible à cette idée d’ouvrir le plus possible l’action politique à ceux et celles dont les compétences – plutôt que les étiquettes – sont utiles pour nos territoires et notre pays. J’ai encouragé Nathalie Etzenbach, mon adjointe en charge des finances à se présenter aux élections législatives car, au delà de sa jeunesse, de son dynamisme et de nos convergences politiques, elle maîtrise parfaitement les sujets financiers qui impactent les collectivités locales et les entreprises. Je suis très heureux qu’elle ait accepté et je serai mobilisé à ses côtés pour qu’elle remporte les prochaines élections législatives.

Vous déployez beaucoup d’énergie pour soutenir François Fillon dans les débats et sur les grands médias, qu’est ce qui vous motive ?

Je suis convaincu que le projet politique de François Fillon est celui dont la France a besoin. Il porte l’audace et la cohérence des réformes nécessaires pour notre pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de réitérer cinq années de demi-mesures au risque d’assister à un décrochage sévère de notre économie et de ses équilibres fondamentaux.