Accidents domestiques. Comment les éviter ?

Les accidents de la vie courante, plus communément appelés accidents domestiques, représentent la première cause de mortalité en France chez les moins de 15 ans. Chaque année, 10 à 12 millions d’accidents sont répertoriés dans l’hexagone pour 20 000 décès. Un enjeu de santé publique pour ces accidents qui pourraient être évités grâce à des précautions à connaître.

Même si les accidents domestiques concernent toute la population, deux tranches d’âge sont particulièrement touchées : les personnes âgées de plus de 75 ans et les enfants de moins de 15 ans. La moitié de ces accidents se déroulent au domicile et concernent principalement les chutes, les brûlures, les intoxications et l’ingestion de corps étrangers.

Gare aux chutes !

Plusieurs causes peuvent être à l’origine de chutes des personnes âgées : la baisse de tension liée à la prise de médicaments, les chaussures mal lacées ou l’installation du domicile (tapis, meubles, domicile encombré, lumière éteinte…). Pour les enfants de moins de 3 ans, la chute (d’un canapé ou de la table à langer) est due à l’absence de vigilance. Il est ainsi recommandé de ne jamais laisser un enfant en hauteur sans surveillance.

Ça chauffe !

Pour éviter les brûlures, veiller à baigner un enfant dans une eau à 37°C, à tourner les queues de casseroles et de poêles à l’intérieur, et à ne jamais laisser de boissons chaudes (micro-ondes ou bouilloire) à hauteur des enfants (table basse…).

Produits domestiques et médicaments

L’intoxication par l’ingestion de produits domestiques ou de médicaments peut être évitée en les plaçant en hauteur ou sous clés. Il est conseillé de ne pas verser de produits domestiques dans un flacon neutre, sans étiquetage. Les médicaments ne doivent pas être à la portée des enfants (sac à main, table de chevet…).

Les corps étrangers

C’est bien connu, les enfants de moins de 3 ans ont tendance à porter à la bouche ce qu’ils attrapent. Attention aux gâteaux apéritifs par exemple (cacahuètes) posés sur les tables basses, aux petits jouets qui traînent, aux piles boutons, aux pièces de monnaie…Qu’ils soient logés dans le nez ou les oreilles, il convient de s’assurer de la dangerosité de l’objet, de consulter un ORL ou de se rendre aux urgences en cas de doute. Pour les objets avalés, certains (comme les piles) sont retirés lors de fibroscopies gastriques réalisées par des gastroentérologues en urgence.

Les bons réflexes

À chaque accident domestique, ces bons gestes à connaître. En cas d’intoxication (produits domestiques), il ne faut ni se faire vomir, ni boire de l’eau. Pour faire sortir un corps étranger en cas d’étouffement, il convient de pratiquer la manœuvre de Heimlich (compression du thorax) ou taper dans le dos selon les cas pour dégager les voies respiratoires. Pour les brûlures, mettre le membre sous l’eau fraiche de manière prolongée, sans le plonger dans un bain ou une douche glacée car cela peut s’avérer dangereux. Il est de manière générale, recommandé de se rendre aux urgences le plus rapidement possible.

Se former pour sauver

Pour connaître les bons gestes, de nombreuses associations agréées organisent des formations aux premiers secours : la Croix-Rouge Française, les sapeurs-pompiers, le Centre français de secourisme…

Les bonnes adresses

15 : numéro d’appel des urgences

112 : numéro d’appel d’urgences au niveau européen

Centre anti-poison de Paris : 01 40 05 48 48

www.risques-domestiques.com

Centre Hospitalier Rives de Seine – urgences

58, boulevard d’Argenson – Neuilly-sur-Seine

Tél. : 01 40 88 62 23

Interview. Docteur Mireille Dutech. Chef de service des urgences du CH Rives de Seine.

Quelle est la proportion d’entrées aux urgences du CH Rives de Seine des accidents domestiques ?

Chaque année nos urgences prennent en charge 50 000 personnes au total, tout âge et toute pathologie confondue. Il est difficile de préciser le nombre d’accident domestique car ces derniers ne sont pas référencés. 2/3 des entrées concernent les adultes et 1/3, les enfants. Les accidents domestiques sont classés au sein de différentes catégories en fonction des pathologies. À titre d’exemple, la traumatologie représente 1/3 des passages et on estime environ à 1 000, le nombre d’entrées aux urgences lié à une chute de personnes âgées de plus de 75 ans. Parmi elles, 60% sont tombées à leur domicile. Concernant les enfants de moins de 18 ans, ¼ des passages sont liés à une chute (vélo, trottinette, chute du canapé ou table à langer pour les moins de 3 ans). On estime à 200, le nombre de passages aux urgences pour des brûlures l’an passé, 2/3 d’entre elles, concernaient des enfants de moins de 18 ans. Enfin, sur les 1 000 intoxications enregistrées en 2017, 100 impliquaient des mineurs.

Comment sont-ils pris en charge ?

Une fois arrivés aux urgences, les patients sont reçus par une infirmière d’accueil et d’orientation qui évalue le degré de priorité de prise en charge en fonction de la gravité et de l’âge. Il faut savoir qu’au CH Rives de Seine, les urgences sont divisées en 2 zones distinctes : les urgences pédiatriques médicales et les urgences médico-chirurgicales. Le patient peut parfois être dirigé dans un centre spécialisé, en fonction de son état.

Quelles peuvent être les séquelles ?

Elles peuvent être très lourdes et engager le pronostic vital. Dans le cas d’une chute d’un enfant de moins de 3 ans du canapé ou de la table à langer, les conséquences peuvent aller jusqu’à la tétraplégie. Pour les brûlures, notamment avec des boissons très chaudes (micro-ondes ou bouilloire), les enfants peuvent être brûlés au 2nd degré. Il faut être vigilant car la plupart de ces accidents peuvent être évités. Il convient de prendre de bonnes habitudes et de s’y tenir !