Echec et mat !

Jeu de réflexion par excellence, les échecs sont pratiqués depuis le Vème siècle. L’activité est souvent perçue comme élitiste et pourtant, la discipline ne cesse de convaincre. Et pour cause, elle ne demande qu’un outil, l’échiquier, et la bonne maîtrise des règles. Sport universel et intergénérationnel, il se démocratise aussi grâce au numérique via le jeu en ligne.

Interview.

Bachar Kouatly.

Président de la Fédération Française des Echecs.

Comment se porte la pratique des échecs en France ?

Elle se porte bien. Elle est pratiquée depuis la nuit des temps et l’histoire nous apprend que les nations se sont intéressées aux échecs au moment où elles montraient leur puissance. Ce fut le cas à l’époque de la Renaissance en Italie, au siècle des Lumières en France, en Allemagne après la révolution industrielle et aujourd’hui en Chine et en Inde. Il s’agit d’une discipline universelle et parmi les rares – avec les mathématiques, l’informatique, la musique et les langues – où un enfant peut battre un adulte grâce à la bonne compréhension du mécanisme.

Quels atouts doivent avoir un joueur d’échecs ?

Les échecs demandent de la concentration, de la planification, de l’anticipation et de la responsabilisation car un joueur prend autant de décisions dans une partie qu’il ne joue de coups. Le jeu est finalement un débat de stratégie qui permet notamment aux enfants d’apprendre la notion de défaite et donc de remise en question. D’ailleurs l’Education nationale s’en empare pour former les élèves.

Quel est votre principal objectif, en tant que Président de la Fédération Française des Echecs ?

Augmenter la pratique de la discipline bien sûr et donc permettre de la faire connaître au plus grand nombre. Notre démarche se fonde sur la créativité et pour cela nous travaillons à faire sortir la pratique du jeu des sentiers battus en organisant des évènements dans des lieux ouverts grâce à des partenariats comme dans des gares ou encore des centres commerciaux. Récemment, nous avons organisé une compétition de jeunes filles de 12 ans, aux Capucins à Brest. Le public pouvait y assister et participer aux animations que nous avions installées à côté. La pratique des échecs est totalement accessible à tous. En la désacralisant, nous augmentons les chances de la faire découvrir.

Rencontre.

Kamen Mitev.

Président du Cavalier de Neuilly.

Comment fonctionne le club ?

Le Cavalier de Neuilly a été créé en 2009 et nous allons donc fêter cette année nos 10 ans. Nous accueillons les joueurs à partir de 5 ans dans les locaux de la Maison de la Famille située rue Beffroy, en semaine et sur l’Ile de la Jatte, le samedi matin. Au niveau de la compétition, nous disposons d’une équipe de jeunes et d’une équipe d’adultes qui évoluent au niveau départemental, régional et national.

Le Cavalier de Neuilly est également présent dans les écoles. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, nous intervenons dans les écoles, les collèges et les lycées publics et privés de la Ville depuis environ 6 ans, à l’initiative des professeurs. L’activité se déroule sous la forme d’une initiation de 30 minutes par demi-classe pour les écoles maternelles et 1h pour les collèges et lycées.

Quels autres rendez-vous organisez-vous ?

À chaque période de vacances scolaires, nous proposons des stages. Nous sommes également à l’initiative de tournois interscolaires et participons depuis 3 ans, aux Olympiades qui se déroulent au Stade Monclar en fin d’année. Enfin, nous organisons des tournois de Blitz (partie limitée à moins de 10 minutes par personne) à Neuilly, pour nos membres.

Chiffres

60 000 licenciés en France dont 40 000 ont – de 20 ans.

millions de pratiquants en France.

22% de femmes

+ de 900 clubs français.

+ de 100 membres du Cavalier de Neuilly.