Seniors. Bien vieillir à domicile.

Avec le vieillissement vient une question : vais-je réussir à continuer à vivre à la maison ? Un défi pour certains, relevé notamment à Neuilly grâce à l’ANSIAD, Association Neuilléenne de Soins Infirmiers À Domicile, créée en 1983.

Selon une étude Ipsos publiée en mars dernier, 77% des plus de 65 ans préfèrent opter pour un maintien à domicile en cas de grande dépendance. Une volonté qui s’explique aisément : « C’est finalement très rassurant de rester chez soi, avec ses meubles, ses souvenirs, son quotidien », explique Florence Michon, directrice de l’ANSIAD (Association Neuilléenne de Soins Infirmiers À Domicile) depuis un an. L’association qui dispose de 191 places en tout délivrées par l’ARS (171 places pour les personnes âgées de + de 60 ans, 10 places pour les personnes en situation de handicap et 10 places pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer), est présente dans les villes de Neuilly, Levallois et Clichy. Près de 65 personnes travaillent pour l’ANSIAD et parmi elles, des infirmières, aides-soignantes, infirmiers coordinateur, cadre de santé et personnel administratif, au service de ceux qui en ont besoin. Mais qui peut en bénéficier ? « Il faut d’abord une prescription médicale et que la prise en charge concerne à la fois des soins d’hygiène et des soins techniques infirmiers », précise la directrice. Ainsi, une fois la prescription donnée par le médecin, le patient et/ou sa famille contactent l’association qui réalise une évaluation par un infirmier coordinateur. Après un premier rendez-vous, elle se déplace au domicile pour comprendre les besoins et mettre en place le plan de soins. Soins d’hygiène mais aussi soins infirmiers tels que pansement, injection, perfusion, préparation des médicaments, surveillance des constantes… Une aide indispensable pour le maintien d’une personne âgée à son domicile. « Outre les soins, nous mettons un point d’honneur pour optimiser l’accompagnement du patient et dans ce cadre, nous réalisons bien souvent de la prévention », indique Catherine Barouk, infirmière coordinatrice. La prévention des chutes à la maison est un exemple récurrent. « Nous sommes bien sûr à l’écoute des patients et de leurs proches car le relationnel est primordial », précise-t-elle. Un lien et une présence qui permettent parfois de rompre l’isolement des seniors. Et c’est pour cela que l’association convient d’une plage horaire et non pas d’horaires précis, pour pouvoir organiser les soins en tenant compte des besoins des personnes. De l’humain donc avant tout et surtout pour une association qui s’appuie sur des valeurs fortes : respect de l’intimité, de la dignité, des cultures et religions. La bien-traitance pour des seniors dont l’acceptation de la prise en charge n’est pas toujours facile. Un suivi essentiel pour ces personnes âgées et dont le personnel profite de ce passage quotidien (semaine et week-end) pour évaluer l’évolution de l’état du patient.

Formation.

Les nouvelles technologies.

En partenariat avec l’Espace Solidarité Seniors et Delta 7, l’ANSIAD organise des formations à destination des seniors pour se familiariser avec les nouvelles technologies. Ils apprennent ainsi à utiliser une tablette, réaliser des démarches administratives, prendre une photo, envoyer une vidéo ou se servir de skype… pour rester en lien avec leurs enfants et petits-enfants !

Rencontre.

Jean-Pierre Gerschel.

Bénéficiaire de l’ANSIAD.

 

Depuis combien de temps faites-vous appel à l’ANSIAD ?

J’ai commencé par prendre des renseignements en 2015 et j’ai demandé à l’association de venir faire des soins suite à une opération à l’hôpital en 2017. Etant atteint d’une maladie neuro-musculaire incurable, j’ai ressenti le besoin d’être aidé.

Quels soins recevez-vous ?

Une aide-soignante vient tous les matins en semaine pour faire ma toilette et une infirmière passe tous les 3 jours environ pour prendre ma tension, surveiller mes constantes et s’occuper de mon pansement au tibia car je suis récemment tombé. Je trouve que l’équipe est très bien car elle est professionnelle, courtoise et discrète.

Le maintien à domicile était-il une évidence pour vous ?

Oui ! J’ai 81 ans et tant que je serai en pleine possession de mes moyens intellectuels, je resterai chez moi. Indépendamment de la joie de vivre avec ma femme, je n’aimerais pas quitter mon domicile et mes habitudes.

 

Chiffres

 

12 millions de + de 75 ans en 2050

1 personne sur 2 de + 70 ans vit seule