3 questions à Clotilde de Bayser, sociétaire de la Comédie-Française.

Bajazet, une tragédie en cinq actes avec la troupe de la Comédie-Française qui servent magnifiquement la langue de Racine dans cette pièce où les conflits entre pouvoir politique et passion amoureuse sont au cœur de l’intrigue.

Comment définiriez- vous Bajazet dans l’œuvre de Racine ?

Cette pièce est un peu particulière. Racine a beaucoup traité de sujets dans l’Antiquité grecque et romaine et Bajazet est une tragédie plus contemporaine. Elle se déroule au sérail, un milieu qui faisait fantasmer à son époque. L’ambiance qui se dégage est un peu mystérieuse. Éric Ruf, metteur en scène et scénographe de la pièce, n’a pas reconstitué le harem, mais a créé un décor d’intimité féminine où les femmes s’habillent et choisissent leurs chaussures.

Qu’est-ce qui vous passionne dans la tragédie racinienne ?

C’est un des auteurs qui, dans la période classique, a donné les plus beaux rôles
aux femmes. Ses héroïnes sont très ambivalentes. Ce sont des petites filles et en même temps des souveraines, des femmes de pouvoir, mais aussi des femmes amoureuses. Elles sont terribles et à la fois très humaines et passionnées. Racine cerne la femme
par une multitude de petites touches. Il a bien observé les femmes et arrivent à se mettre dans leur tête. Ses héroïnes sont moins héroïques que chez Corneille et se rapprochent plus de nous. Le théâtre de Racine est-il, selon vous, encore très actuel ?
Oui parce qu’il est humain. Son théâtre véhicule des émotions et des sentiments. Au premier abord, on peut se dire que son théâtre est compliqué. Racine fait des développements très expliqués et il faut vraiment suivre la pensée. Quand on suit le fil, tout devient beaucoup plus simple. Les premières scènes sont plus difficiles. Il faut passer la barrière de la langue qui peut paraître trop sophistiquée.

 

BAJAZET

Une tragédie en cinq actes de Jean Racine.

Avec la troupe de la Comédie-Française : Claude Mathieu, Alexandre Pavloff, Clotilde de Bayser, Christian Gonon, Elise Lhomeau, Birane Ba et Juliette Damy.

Mise en scène et scénographie d’Éric Ruf.

Avant de partir à la guerre, le sultan Amurat ordonne à sa favorite, Roxane, de faire exécuter son frère Bajazet. Ayant révélé à ce dernier le projet du sultan, Roxane lui promet la vie sauve et le trône s’il consent à l’épouser. Mais Bajazet en aime une autre, la princesse Atalide. Roxane découvre les sentiments qui unissent les deux jeunes gens et consent à laisser Bajazet en vie s’il accepte de voir Atalide mourir sous ses yeux…

Les comédiens du Français servent magnifiquement la langue de Racine dans cette pièce où les conflits entre pouvoir politique et passion amoureuse sont au cœur de l’intrigue.

Jeudi 18 avril à 20h30 au Théâtre des Sablons.