Constance Le Grip. En direct de l’Assemblée nationale.

Seule représentante de droite du département à l’Assemblée nationale, Constance Le Grip a été élue députée de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine (Neuilly, Puteaux, Courbevoie), en juin 2017. Travaux menés à l’Assemblée, climat avec la majorité, position de son groupe Les Républicains… elle nous confie son regard sur cette première année de mandature.

Alors que vous venez de fêter votre première année à l’Assemblée nationale, quel bilan dressez-vous de ces 12 mois ?

La première année du quinquennat Macron a été riche en évènements avec un rythme de réformes soutenu. Le groupe auquel j’appartiens, Les Républicains, a su incarner une opposition à la fois résolue, constructive et participative selon les différents sujets. Il a su, je pense, trouver sa place. Nous avons fastidieusement pansé les plaies de nos défaites et posé les jalons de notre reconstruction pour incarner une alternative au pouvoir en place. J’ai été élue députée en tant qu’opposante au pouvoir exécutif et je me suis efforcée cette année d’exercer mon mandat avec sérieux et objectivité dans le sens du bien commun et de l’intérêt général. Un état d’esprit positif mais néanmoins critique car je commence à entrapercevoir les limites de l’exercice macronien.

Vous détenez la 1ereplace des députés du département et la 3èmeplace au niveau régional pour votre assiduité, tant en séance qu’en commission, selon un classement publié par Le Parisien. Quels ont été les principaux combats que vous avez menés ?

En tant que vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, je me suis beaucoup impliquée dans les dossiers traités par cette commission. J’ai ainsi eu l’honneur d’être désignée oratrice de mon groupe sur le projet de loi concernant la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur proposée par la ministre Frédérique Vidal. Un projet de loi dont beaucoup de familles françaises ont entendu parler puisque c’est à cette occasion qu’a été supprimée la plateforme APB, remplacée par Parcoursup. J’ai défendu le point de vue de mon groupe : tous les bacheliers n’ont pas vocation à intégrer l’université française. Il y a beaucoup de filières qui peuvent représenter des voies d’avenir et de formation. Le tirage au sort et la sélection par l’échec pratiquée dans les universités à la fin de la 1ère année, étaient à dénoncer. Le gouvernement a tenté d’introduire, trop timidement à mon goût, les prémices d’une « sélection » pour orienter plus efficacement les bacheliers vers l’enseignement supérieur. J’ai donc choisi de voter en m’abstenant. Je me suis également beaucoup investie au sujet de la proposition de loi dite « anti fake news » qui a fait couler beaucoup d’encre. Je me suis puissamment exprimée contre cette tentative législative qui, au prétexte de lutter contre les fausses informations, est en réalité une amorce de police de la pensée. Elle est à mon sens, extrêmement préjudiciable pour la liberté d’opinion, la liberté d’expression et la liberté de la presse. J’ai bon espoir que le Sénat se montre critique.

Comment s’est déroulé votre travail parlementaire en tant que députée de l’opposition ?

Le groupe LR représente une opposition lucide. Nous avons face à nous, un groupe extraordinairement dominateur. Cette mandature ne voit pas beaucoup d’amendements émanant de l’opposition, adoptés. Cela dénote un groupe puissamment majoritaire qui est composé en grande partie, de primo-accédant à la fonction de député. On note une réelle différence avec le passé où la culture du débat contradictoire était plus profondément ancré dans les mœurs parlementaires. Parfois du débat, peut surgir, une bonne idée, une convergence de point de vue. Cette pratique de refus me questionne car ce n’est pas de cette manière que je conçois le travail parlementaire.

Vous venez d’assister au Congrès de Versailles, quel regard portez-vous sur ce rendez-vous annuel voulu par le Président de la République ?

Je suis très sceptique quant à la ritualisation annuelle de l’application de cet article 18 de la Constitution. J’étais conseillère technique à l’Elysée lorsque Nicolas Sarkozy a imaginé et proposé au Parlement cette révision constitutionnelle donnant au Président de la République la possibilité de s’exprimer directement devant les parlementaires. Nous avions conçu cette avancée comme une faculté à consommer avec modération, limitée à des circonstances exceptionnelles.

Vous avez siégé au Parlement européen pendant 7 ans, quels sont selon vous, les atouts et les inconvénients de ces deux chambres ?

C’est très différent parce que le Parlement européen est issu du suffrage universel direct mais sous la forme du scrutin de liste. Il n’y a donc jamais eu de groupe politique qui à lui seul détienne la majorité. S’instaure donc une culture de dialogue et de compromis pour parvenir à construire un rassemblement qui me semble enrichissant. À l’Assemblé nationale, le scrutin majoritaire à deux tours implique une majorité, qui à l’heure actuelle il est vrai, est pléthorique et nous amène, en tant qu’opposition, à se questionner sur notre capacité à influer sur les modalités de fabrication de la loi de la République.

Nicole Fontaine, neuilléenne, ancienne présidente du Parlement européen s’est éteinte le 17 mai dernier. Quel héritage retenez-vous ?

D’abord celui d’une femme engagée pour l’enseignement catholique puis pour le projet européen. Elle a osé entrer dans la lumière, prendre ses responsabilités. Je retiens l’image d’une femme courageuse et passionnée par toutes les causes qu’elle a embrassées avec énergie et bienveillance. Nicole Fontaine avait un vrai goût de la transmission, une capacité pédagogique à passer le flambeau à la jeune génération. C’était une femme lumineuse, avec beaucoup de talent.

En cette rentrée parlementaire, quels seront les rendez-vous marquants dans les mois à venir ?

Nous poursuivrons le débat sur la révision de nos institutions puis le projet de loi de Finances pour l’année 2019… Autant de combats qui vont continuer à nous animer.

 

Elue de proximité

Neuilléenne, Constance Le Grip rencontre les concitoyens lors de rendez-vous, notamment le dimanche matin, au Café du Marché à Neuilly. Elle a également instauré un rythme de café politique sous forme d’afterwork pour rendre compte de manière informelle, de son travail quotidien à l’Assemblée et des permanences au siège de la Fédération départementale des Républicains ou à l’Assemblée nationale.